mercredi 17 septembre 2008
mardi 16 septembre 2008
L'armée des femmes
Installation : Odile du Mazaubrun
Odile du Mazaubrun
Galerie "Canal Pictures & Art"
4, impasse chausson 75010 PARIS
du 16 au 28 septembre 2008
Un instant de légerté
L'armée des femmes est une œuvre délicate peuplée de personnages diaphanes. Soixante-quatre figures de taille moyenne avancent dans un espace peuplé d'éclats d'ombre et de lumière. Le mouvement accentue ce sentiment d'immatérialité. Sans ordre apparent les figures convergent en un mouvement concerté vers un but imperceptible.
Pourtant, ce sentiment de légèreté se dissipe rapidement. Les silhouettes fragiles ploient sous le poids de charges disproportionnées. Un monde pèse sur les épaules de ces femmes. Un monde de sacs, de paniers, de ballots, d'enfants. Un monde de soucis des autres, de traditions, de coutumes, d'oubli de soi.
Au travers de ces figures résonne l'écho lointain et malicieux des soldats de Xi'an, ces personnages de terre cuite ultime garde du premier empereur Qin. Mais cette armée de femmes ne garde rien, ne défend rien. Aucune posture martiale n'altère le naturel des attitudes, la tension des corps. Les matériaux qui la composent ne prétendent pas à l'éternité. Elles se rassemblent en un flot calme et pacifique. Ni amazones, ni bacchantes, c'est une armée solaire dont le mouvement épouse la marche du monde.
Pourquoi cette œuvre nous happe-t-elle ? Peut-être dans cette façon de transformer le poids des êtres et des choses en mouvement, l'obscurité en lumière, le hiératisme en facétie, l'éternité en instant, l'artifice en jeu, le fardeau des coutumes et des traditions en grâce. Ces femmes portent notre monde sans résignation avec élégance et légèreté.
Bruno Puyraimond
dimanche 12 février 2006
Odile du Mazaubrun
La joie d'être
Ce qui surprend le premier regard, c'est la diversité des formes et des techniques. Tableaux, bandes dessinées, poupées votives, travail en volume… Les œuvres sont suspendues à des tiges d'acier, posées sur des supports instables, détachées des murs par de minces baguettes ou des fils de fer. Chaque thème est l'occasion d'inventions formelles surprenantes, de mises en espace et en lumière inattendues.
Mais plus fascinantes encore sont la simplification et la justesse des attitudes. Quelle que soit la richesse du dispositif, les formes sont travaillées, polies, simplifiées à l'extrême. Pourtant il ne s'agit pas transmettre l'essence d'une attitude ou d'une situation. L'artiste ne dédaigne pas l'anecdote. Il s'agit de libérer la scène de tout ce qui ne procède pas du regard de l'artiste. Créer une situation où la forme, le lieu, l'attitude ou l'anecdote représentées emplissent totalement la perception.
Nous ne sommes pas dans une logique de représentation, mais de transmission. Dans une mise en situation aussi sophistiquée qu'économe, l'artiste nous fait partager les conditions de sa propre perception afin de nous transmettre la totalité de son émerveillement face à une attitude, une lumière, une couleur.
Quelques fragments de plastique et de couleurs suffisent à nous retransmettre l'intégralité d'un instant de stupéfaction, à restituer un sentiment d'étrangeté absolue face à une scène apparemment ordinaire, à transmettre l'essence d'un regard interrogateur du quotidien.
Bruno Puyraimond
vendredi 20 mai 2005
jeudi 13 mai 2004
jeudi 25 septembre 2003
jeudi 22 mai 2003
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